
La rumeur du départ des CRS courait depuis une ou deux semaines sans que l'on en connaisse l'origine.
Il s'agit bien sûr des CRS qui stationnent et patrouillent à Evreux depuis 2005.
Michel Champredon a fini par interroger le Préfet et c'est ainsi que la municipalité d'Evreux a appris que leur départ était bel et bien programmé par le commandement de la région militaire basé
à Rennes, qu'il était imminent et que nul n'avait semblé songer que l'on pouvait, si ce n'est se concerter avec la mairie, tout au moins l'informer.
On se souvient de la violence intolérable des émeutes de novembre 2005 qui avaient touché nombre de villes en France et, à Evreux, particulièrement le quartier de la Madeleine.
Je n'y reviendrai pas, renvoyant au premier article de ce blog intitulé violences urbaines.
Il y a eu ensuite un
couvre feu total sur le quartier, mesure sans doute
excessive... et les CRS sont restés, force d'appoint exceptionnelle devenue quasi définitive...
D'une certaine façon, cela arrangeait les décideurs de l'époque.
S'agissant de l'Etat, cela le dispensait de poser la question des effectifs de la police à Evreux et dans le département... Et puis on était va-t-en guerre cette année là au sommet de l'Etat et
parler de police de proximité au ministre de l'intérieur de l'époque, un certain Nicolas Sarkozy, c'était quasiment lui dire une grossièreté
S'agissant de la ville, puisque
les patrouilles de CRS maintenaient le calme, cela la dispensait d'une politique coordonnée de prévention voire de tout effort
d'organisation d'une véritable démocratie locale.
Et puis, les associations, ça coûte et ça devrait fonctionner comme des entreprises, nous disait-on !
Aujourd'hui, je ne sais ce qui aura conduit le commandement militaire de la Région Ouest à décider de retirer cette force d'appoint d'exception.
Peut être s'est-on rendu compte du paradoxe d'une mesure exceptionnelle définitive.
Peut être simplement, comme nous le disait le Préfet au sortir d'une cérémonie à l'hôtel de police où nous nous étions retrouvés avec Michel Champredon, avait-on besoin de ces CRS
ailleurs que dans une ville d'Evreux somme toute plutôt calme vue de Rennes.
Peut être s'agit-il d'une "taquinerie" vis à vis d'une nouvelle municipalité.
Mais peut être aussi a-t-on parié que le dialogue renoué par notre municipalité nouvelle entre les élus et les habitants tiendrait ses promesses.
La municipalité n'a pas été consultée et je ne dispose donc pas de la doctrine officielle de l'Etat en la matière.
Simplement je partage le point de vue de Michel Champredon dans le communiqué de presse qu'il fait paraitre demain.
Il faut que l'Etat redéploie dans la cité une police de proximité et cela suppose qu'il conforte les effectifs d'au moins 20 fonctionnaires de police.
Il faut que, pour notre part, nous accélérions le pas sur la création de nouveaux espaces de dialogue et de démocratie (conseils de quartier, conseils de jeunes) que nous mobilisions ou
remobilisions les lieux de coordination de la prévention, que nous renforcions le GIP de la Madeleine et plus généralement le tissu associatif de la ville...
Tout cela, nous l'avons prévu, nous nous y sommes engagés.
Il nous faut le réaliser rapidement à présent mais en prenant pourtant le temps de le faire avec tous les acteurs concernés, sans plaquer des dispositifs tout faits dont ils ne seraient pas
partie-prenante.




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