Moi j'aime bien le mot "Farandole". La farandole, danse provençale à l'origine, a fini par désigner plein de choses agréables, ludiques, gourmandes comme par exemple une farandole de desserts.
Et je crois que c'était une bonne idée, que c'est une bonne idée que de baptiser de ce nom la section d'Evreux de la confédération syndicale des familles, lieu d'accueil pour des parents et des enfants de la Madeleine.
Leurs fenêtres, c'est une tache de couleurs dans la grisaille de la façade d'un immeuble de la SAIEM.
Leur projet, c'est accueillir et écouter, accompagner des parents dans leur fonction parentale et éducative, créer du lien social entre les familles, favoriser l'insertion dans le quartier, dans la ville, dans l'agglomération etc.
Leurs moyens, ce sont pas tout à fait 200 heures de salarié par mois, dont plus de la moitié assurées par une salariée dans le cadre d'un emploi tremplin (un de ces contrats qu'ont mis en place Région et Département). Ce sont une subvention que leur accorde le Conseil Général et une autre que la ville s'est enfin décidée à augmenter il y a peu et quelques subsides de la CAF et de la DDASS... Mais surtout de la volonté, du don de soi... du bénévolat. Des bénévoles qui en ont parfois assez de rouler le même rocher sur le flanc d'une montagne et de se faire rouler dans la farine...
L'association est en difficulté et doit réduire la voilure de ses projets... Il faut dire qu'elle n'est pas logée gratuitement et que le loyer qu'elle verse à la SAIEM pèse sur sa capacité à agir... Cela fait trois fois que la présidente de la Farandole écrit au président de la SAIEM, un certain Jean Louis Debré, pour demander la gratuité du loyer... Ce n'est pas qu'il ait répondu non... C'est juste qu'il n'a pas répondu nous a-t-on dit à l'AG de l'association à laquelle j'ai assisté hier durant une heure et demie.
Et puis, il y a eu l'épisode de la constitution du GIP. Geneviève Magnan, présidente de la Farandole a participé aux travaux du diagnostic social. Elle a été élue en tant que représentante du monde associatif au Conseil d'Administration du GIP... Je crois qu'elle a joué le jeu... C'est le moins que l'on puisse dire.
Elle a cru que c'était un plus. Que le GIP venait fédérer l'existant, prendre appui sur l'existant... Et je crois que ce pourrait être en partie vrai. Il y a aujourd'hui, dans le GIP, des salariés qui disent et croient la même chose... Mais le pouvoir est celui des financeurs et les dossiers de la Farandole ne passent pas... En contrat de ville par exemple...
Bien sûr La Farandole n'est pas toujours très "professionnelle"... Bien sûr son équipement est un peu fait de bric et de broc... Mais elle existe ! Elle est présente et elle agit dans un quartier pas toujours simple ! Donnons lui les moyens de sa formation, d'une amélioration de sa compétence... Mais ne l'étranglons pas!
Et puis à qui la faute ? Qui a laissé en suspens ou presque le monde associatif à la Madeleine en attendant le GIP ?... En attendant le GIP ! Voilà qui ferait un beau titre de pièce de théâtre... Je crois l'avoir assez dénoncé en conseil municipal.
Je me souviens d'un comité de pilotage du contrat de ville où je m'étais insurgé contre un refus des élus de l'agglo et de l'Etat du financement d'un projet d'accueil familial de La Farandole au prétexte que cela risquait de concurrencer le pôle famille du GIP qui n'était pourtant encore que dans les limbes... J'avais déjà évoqué ce point dans mon blog d'ailleurs.
C'est toute l'incompréhension qu'il y a entre des financeurs qui tracent un beau schéma de développement, bien carré, bien ordonné, bien gestionnaire et qui demandent aux associations de se couler dedans, d'être professionnelles (c'est à dire, chez nos étrangleurs d'associations municipaux de se gérer comme des entreprises)...et des associations faites de bénévoles qui se donnent parfois au détriment de leur vie de famille...
Bien sûr qu'une municipalité doit définir des objectifs, un fonctionnement, un cadre qui garantisse que l'argent public soit utilisé au mieux... Bien sûr qu'elle doit contrôler ce qui se fait vraiment de cet argent et vérifier que le service public qu'elle a, d'une certaine façon, délégué est bien assuré ... Parce que s'il ne l'était pas, il faudrait l'assurer autrement.
Mais de la souplesse que diable ! Un peu de pragmatisme et surtout, garder en tête, toujours garder en tête que décourager le bénévolat c'est le tuer... C'est aseptiser notre vie sociale qui va se recroqueviller sur elle même ... Et après... elle sera à la merci de n'importe quelle explosion.
Que Geneviève Magnan dont les acteurs associatifs de la Madeleine et au delà connaissent tous la ténacité ait fini par démissionner du GIP, c'est un signe à mon sens pas très positif.
Mais j'y pense, c'est elle qui n'avait pas pu remettre une lettre directement à Monsieur de Villepin lors de sa promenade ébroïcienne mais qui avait dû la remettre par l'intermédiaire d'un agent de sécurité... Sans doute certains avaient-ils pensé qu'elle était une dangereuse terroriste.
Au fait, La Farandole n'est pas seule à se décourager...Où en est la demande de local de SALSA, cette association qui est née après que l'adjointe chargée des associations de l'époque et présidente de TZF ait liquidé son assoc?
A suivre


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