Le regard de Rouault sur le monde est terrible.
Je sais que ce clown sous lequel l'artiste a écrit "Qui ne se grime pas ?" n'a que peu de rapport avec la commission municipale N°9 , sujet de ce billet, mais j'avais envie de partager
l'intérêt que je porte à son Miserere que j'ai découvert au tout début de mon adolescence.
La commission municipale N°9, c'est celle que préside madame Pollet et qui se préoccupe de la vie associative et de la démocratie locale.
La démocratie locale, il y a belle lurette que nous n'en parlons plus.
Elle est à Evreux au degré zéro.
Lors d'une des premières réunions de la commission 9, madame Pollet avait évoqué une réflexion sur des conseils de quartier ou d'autres modalités qui permettent d'associer les Ebroïciens à la vie
locale...
Depuis, plus rien...
Sans doute a-t-elle été censurée par l'adjoint aux finances de l'époque, un certain monsieur Nicolas ... Qui allait d'ailleurs un peu plus tard lui faire une bien mauvaise manière en lui
ravissant la place de maire d'Evreux par intérim.
Quant à la vie associative, l'action de la municipalité se résume à l'attribution de subventions qui donnent parfois le sentiment d'avoir été distribuées... Disons, pour être sympa,... au
p'tit bonheur la chance..
Il y a bien sûr une convention type que signent mairie et association et qui fait état d'indicateurs sur lesquels repose l'évaluation des actions mise en oeuvre... Sauf que lorsque j'interroge en
commission pour connaître les indicateurs retenus pour telle ou telle association je m'entends répondre qu'il s'agit finalement de l'estimation (bien subjective) de l'élu de
référence...
Je n'aurai pas la cruauté de faire le palmarès des élus de référence... Chaque association reconnaitra le sien et, pour l'aider un peu, je les invite toutes à prendre connaissance ici des
subventions qui sont proposées et qui devraient être votées en conseil municipal le 17 décembre.
Il n'y a pas à Evreux de politique associative et les services, en l'absence de volonté, de direction politique, font ce qu'ils peuvent pour gérer au mieux et pour préserver le plus possible
le tissu des associations.
Une politique associative, c'est se donner les moyens d'une vraie concertation; c'est se doter d'une sorte de conseil des associations. C'est par exemple accepter que l'OMS (Office municipal des
sports) soit un vrai conseil consultatif du sport dans la ville et l'agglomération...
Avec la municipalité actuelle, la situation de l'OMS est de plus en plus tendue et je crains chaque année qu'il ne soit contraint de mettre la clé sous la porte..
Une politique associative, c'est favoriser la mutualisation de moyens qui contribuent à répondre à la complexité croissante des dispositifs qui fédèrent les actions. C'est créer cette maison des
associations si souvent promise et jamais réalisée et dont on me dit, en commission, qu'au fond, ce sont les associations qui n'en veulent pas vraiment... Tiens donc !
Une politique associative c'est favoriser la naissance ou la croissance d'associations qui correspondent à des axes forts de la politique municipale...
C'est soutenir pour de bon SALSA ou ne pas tuer TZF quand on prétend se préoccuper de l'adolescence...
TZF a disparu et Salsa est mort né faute de locaux que lui avait pourtant promis la ville.
C'est soutenir, pourquoi pas, les associations de parents d'élèves des écoles de la ville si on leur reconnait un vrai rôle d'acteurs éducatifs ou si on fait le pari qu'elles ont un rôle
important et structurant dans le fonctionnement de la démocratie locale...
Réponse que l'on me fait en commission : pas de dépenses !
Une politique associative, c'est ne pas accepter de laisser une association comme Jeune Cité dans des difficultés financières qui risquent de stériliser son action dans un quartier que
l'on considère comme prioritaire...
Réponse en commission : On ne savait pas qu'ils étaient en difficulté !... Réponse qu'il faut rapprocher de la rénovation de la maison de quartier sans cesse différée et de l'absence totale de
financements identifiés pour la rénovation du quartier dans la maquette du contrat d'agglomération.
Une politique associative, c'est finalement affirmer que les associations sont des piliers de la démocratie, qu'elles sont nécessaires au lien social, au vivre ensemble.
C'est les soutenir, c'est favoriser la coordination de leur action quand elle s'inscrit dans les politiques publiques, c'est contractualiser avec elles pour de bon et pas seulement à
court terme.
C'est les sécuriser le plus possible mais c'est aussi les respecter et accepter un fonctionnement associatif qui soit rigoureux sans pour autant être le fonctionnement d'une entreprise
ni celui d'une administration...
C'est en tout cas, ne pas se limiter à penser, comme je le crains de quelques uns des membres de la municipalité, qu'une association c'est d'abord une ligne de dépense.
Gérard Silighini

On ne peut
pas dire que les choses aient été simples pour le maire par intérim d'Evreux qui avait, hier soir, endossé sa blouse de président de l'agglo.
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