Difficile d'échapper aux commentaires sur les présidentielles ce matin... Mais je n'ai pas après tout particulièrement envie d'y échapper.
Evreux passe pour une ville où Ségolène Royal s'est plutôt bien implantée. C'est incontestable et je note qu'au delà des quartiers de la Madeleine et de Nétreville, les deux bureaux de l'école de Navarre l'ont placée en tête des candidats du premier tour.
Sarkozy, malgré ses 30,98% est légèrement en dessous de son score national (31,18%), ce qui n'est guère un score brillant dans une ville dont la majorité municipale est dirigée par le secrétaire départemental de l'UMP et affiche souvent avec morgue son Uèmepisme... La candidature Sarkozy a gagné en électorat ce que le Front National a perdu. C'est comme partout ailleurs et je ne vois pas au passage en quoi, à Evreux, "Debré (qui n'est en outre plus là) aurait tué Le Pen" comme le titre Paris Normandie page six de son édition d'aujourd'hui.
Le score de Ségolène Royal, avec 27,53%, est en revanche à Evreux nettement au dessus de son niveau national (25,83). Quant au score de François Bayrou, il me parait relever en partie d'électeurs qui ont vraiment cru ouvrir une troisième voie au centre mais d'autres aussi qui ont cru trouver en Bayrou le rempart efficace contre le risque Sarkozy... Et qui en aucun cas ne voteront pour lui au second tour... Pas seulement pour faire un bras d'honneur à Nicolas, le maire intérimaire d'Evreux qu'ils supportent plutôt mal mais surtout parce que l'autre, le national, le candidat au pouvoir suprême les inquiète.
C'est qu'il fait peur celui là...
Peur parce que la société qu'il défend, celle qu'il prône, va laminer les exclus et laisser croire qu'elle voudrait les aider.
Peur parce qu'elle va exclure les plus pauvres et laisser croire qu'ils vont s'enrichir en participant au modèle ultra libéral...
Peur aussi parce que son modèle de démocratie n'est plus vraiment parlementaire et que les dérapages verbaux qu'il a commis à longueur de campagne laissent entrevoir une personnalité inquiétante dont on ne sait jusqu'où elle est capable de déraper.
Les quartiers où se concentre l'exclusion ne s'y sont pas trompés qui ont voté majoritairement Ségolène Royal . Leur rejet de Sarkozy et de ce qu'il représente en devient quasi physique.
J'ai fait, dans la nuit de samedi à dimanche, un tour des panneaux électoraux pour rafraichir les affiches de ma candidate. Nous étions quatre et, dans une impasse en plein coeur de la Madeleine, nous nous sommes retrouvés entourés d'une dizaine de jeunes du quartier nous demandant pour qui on collait. Nos affiches ont semblé ne pas leur déplaire mais ils n'auraient manifestement pas aimé que l'on colle pour celui qu'ils ont désigné par "L'autre là"... "Le raciste"..."Celui là on n'en veut pas"... On a parlé quelques minutes et nous sommes repartis... Je suis sûr qu'ils n'ont pas touché à nos affiches.
Dimanche soir, c'est un second tour droite/gauche qu'ont en définitive choisi les Français... Et c'est cela qu'il faut leur donner...
C'est un débat de fond sur la France qu'ils demandent et un débat auquel ils participent.
Le Parti Socialiste, la candidate socialiste qui devient aujourd'hui la représentante de toute la gauche doit assumer ce rôle et je sais qu'elle le fera... Elle l'affirme déjà au travers de son pacte présidentiel
Nous gagnerons le 6 mai parce que la France s'est réveillée et qu'elle a montré ce dimanche, par une participation sans précédent à l'élection présidentielle, qu'elle voulait choisir vraiment et construire son avenir... Elle n'acceptera pas le risque qu'un Président puisse museler la République.
Nous gagnerons le 6 mai parce que les Français se méfient d'une politique qui vire à l'ultralibéral et qui les insécurise de plus en plus dans leur emploi, dans leur capacité à se loger, à se soigner... Ils se méfient de la politique qu'a mis en place l'appareil sarkozien ces dernières années.
Mais c'est aussi parce que nous affirmerons clairement nos valeurs de gauche et que nous les assumerons sans compromission, parce que nous favoriserons le débat démocratique que nous gagnerons le 6 mai.
Et, avec nous, ce sont les valeurs de notre République qui gagneront.

J'espérais faire un tour sur mon blog ce week-end mais, entre une soirée de collage et une journée passée à présider un des bureaux de vote d'Evreux, je n'en aurai guère eu le loisir.
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