Temps de chien depuis
un peu plus d'une semaine... L'expression m'étonne parfois d'ailleurs... Je croyais que c'étaient les grenouilles qui faisaient la météo...
Grenouilles, grenouillages... Les suppositions continuent à aller bon train sur la composition du gouvernement qui, cela devrait être confirmé ce matin, serait un gouvernement Fillon.
Les médias s'accordent pour lui attribuer de bonnes qualités de négociateur.... C'est en tout cas un Premier Ministre qui sera en phase avec son patron et qui ne manquera pas d'aller jusqu'au
bout des réformes annoncées.
François Fillon, c'est la réforme des retraites qui s'est mise en place dans la douleur et sur laquelle il est désormais peu probable que l'on revienne.
François Fillon, c'est, en 2005, les lycées dans la rue contre sa réforme dont il devra d'ailleurs abandonner une partie.
François Fillon, c'est aussi l'un de ceux qui aura regretté l'absence de dialogue et de débat avec le parlement au moment de la crise du CPE... Raison de plus pour ne pas donner aujourd'hui à
l'UMP une Assemblée Nationale godillot !
Pendant ce temps, la campagne des législatives demeure en arrière plan... Sans la valse des affiches qui recouvrent les buses à Evreux, on pourrait croire que le mouvement citoyen qui a conduit
aux urnes des millions de Français est en train de s'endormir.
Le rythme des blogs ralentit, peut être à gauche pour ne pas ajouter l'image de divisions internes aux difficultés du moment et à droite parce que l'on a, après le sacre de César
Kozy, le sentiment de ne plus avoir rien d'autre à faire que le laisser agir...
Dans les milieux de gauche à Evreux, le débat n'a pas cessé et nous continuons à confronter les arguments et les analyses sans perdre de vue pour autant l'impérieuse nécessité de porter à
l'Assemblée Nationale un nombre suffisant de députés pour éviter une concentration des pouvoirs qui ôterait tout garde fou à l'action gouvernementale.
Je suis, pour ma part, de ceux qui pensent que la gauche et la droite portent des valeurs fondamentalement différentes.
Monsieur Sarkozy, candidat, a décomplexé la droite jusque dans son expression la plus extrême.
Nous devons, à gauche, être tout autant décomplexés.
J'affirmais, au soir du premier tour que nous gagnerions l'élection présidentielle en affirmant clairement
nos valeurs.
Au risque de me répèter, je suis convaincu à nouveau que nous provoquerons un sursaut lors des législatives si nous affirmons collectivement ces valeurs... Il y a ensuite, bien
évidemment les situations particulières de chaque circonscription qui rendent différentes chacune des près de 600 élections singulières qui construiront l'Assemblée Nationale.
Mon ami Denis Collin vers le blog duquel j'ai inscrit un lien dans ces colonnes ne dit pas autre chose (ou plutôt il le dit, avec son style à lui, plus clairement que moi) ... dans
ce message qu'il adresse à sa liste de diffusion et que je relaye ci dessous.
À mes camarades et amis du Parti Socialiste
Chers camarades,
Le chaos politique dans lequel la gauche est précipitée depuis le dimanche 6 mai aura besoin d’être analysé. Mais pour l’heure, la
priorité est à limiter la casse aux législatives, car il ne nous reste plus guère que cela à faire (au fait quel est le génial stratège qui a inversé le calendrier électoral en vue de permettre
au président d’avoir une majorité à sa botte ?).
Mais en attendant, je crois que nous devons prendre des leçons du nouveau président de la république. Il a gagné et bien gagné parce
qu’il s’est battu sur ses idées (de droite) et sans craindre de défendre ses valeurs (de droite) et son modèle de société (capitaliste). Si nous voulons éviter l’effondrement de la gauche et la
dislocation du PS ou sa liquidation dans un marais centriste, il serait temps, grandement temps, que nous aussi, comme Sarkozy, mais de notre côté, nous retrouvions nos « fondamentaux »
que nous défendions des idées socialistes, un programme socialiste, des valeurs socialistes pour avancer vers une société socialiste. Il est inutile de se cacher derrière son petit doigt :
le PS n’est pas un parti révolutionnaire (le choix date de 1920 !) et ceux qui nous demandent de devenir vraiment « réformistes » nous demandent en réalité de ne plus être
socialistes, mais d’être des démocrates chrétiens ou des libéraux teintés de préoccupations sociales (comme les dames patronnesses qui s’occupent des pauvres pendant que leurs maris s’occupent
d’exploiter les travailleurs, de licencier, ou de délocaliser…)
1) Le socialisme
est né de la lutte du mouvement ouvrier contre la domination du capital, contre l’exploitation capitaliste. L’exploitation capitaliste a-t-elle disparu ? Non, mille fois non. Donc, nous
devons réaffirmer la continuité de ce combat ! Aujourd’hui la mode à gauche est de combattre le libéralisme. Les socialistes, parce qu’ils sont pour la démocratie, le gouvernement
représentatif, la défense des droits individuels, le pluralisme, la liberté de conscience, ne sont pas des « antilibéraux ». Par contre, comme ils sont pour l’émancipation des
individus, ils sont opposés à l’exploitation de l’homme par l’homme et donc à la propriété capitaliste et donc ils sont pour l’appropriation sociale des grands moyens de production et pour le
contrôle par l’État du système bancaire. Personne n’exige que tout cela soit fait en 100 jours après le retour au pouvoir de la gauche, mais il serait bon de réaffirmer que c’est dans cette
direction que nous allons. Et ceux qui ne sont pas d’accord pour aller dans cette direction devraient dire clairement qu’ils sont centristes, sarkozistes de gauche ou blairistes. Pour moi ces
qualificatifs ne sont pas des injures, ce sont des positions légitimes, mais le socialisme n’a rien à voir avec tout cela.
2) Les
socialistes sont des « collectivistes » et des « partageux ». C’est sous ce vocable que leurs adversaires les désignaient jadis. Mais nous pouvons fièrement reprendre
ces étiquettes. Nous croyons que l’action collective est décisive, nous croyons que les individus ne peuvent vivre et être libres que dans la collectivité et nous croyons que la collectivité
n’est pas une somme d’égoïsmes, mais la solidarité et le partage de la richesse et des biens sociaux.
3) Les
socialistes sont pour une république démocratique. Cela veut dire :
a. Que le peuple
décide en dernière instance (le peuple est souverain !) et que nous combattons la transformation de la démocratie en oligarchie soumise aux magnats de la finance, de la presse et aux
marchands de canons (ce sont souvent les mêmes !)
b. Que les
droits des minorités sont protégés, que les droits individuels sont sacrés et que l’ordre public est toujours soumis au principe de justice.
c. Que
doivent prévaloir dans l’action publique les intérêts du peuple, c’est-à-dire de la partie la plus défavorisée de la population.
Si nous nous (re)mettions d’accord sur ces fondamentaux, c’est-à-dire sur ce qui fait que nous nous appelons « socialistes »
et pas autrement, alors le rassemblement de toute la gauche serait très facile à faire et les questions de personne ou de tactique pourraient être discutées bien plus sereinement. Un certain
nombre de soi-disant « socialistes » ont déjà tiré les conséquences de leurs positions en allant soutenir Sarkozy. D’autres lorgnent vers Bayrou et veulent se repositionner vers le
centre. Si c’est là leur position, qu’ils le fassent. Les choses seront plus claires. Et en défendant clairement, sans complexe, une ligne de gauche, une vraie ligne de gauche, une ligne de
gauche sans OGM, pas une ligne de gauche génétiquement modifiée par l’introduction massive de gènes centristes et capitalistes, nous pourrons alors reconquérir l’électorat populaire et redonner
espoir à une jeunesse un peu désespérée par l’orientation que prend notre pays.
Salut et fraternité.
Denis Collin
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