J'ai parlé dans mon article de dimanche de mon intervention sur le compte administratif 2005.
D'autres points ont fait débat.
S'agissant des subventions aux associations, j'ai rappelé que , même si la municipalité pouvait se targuer d'avoir augmenté le volume global des subventions de 2004 à 2005 , il ne fallait pas pour autant oublier que l'on n'avait toujours pas retrouvé le niveau de 2002.... Parce qu'entre 2002 et 2003, le coup de rabot sur les budgets avait été d'une sévérité sans pareille.
S'agissant des subventions exceptionnelles votées vendredi soir, je ne pouvais que m'en réjouir tout en regrettant leur caractère tardif. Autant voter 750 euros de plus pour l'Amicale de Navarre n'en changera pas radicalement la surface financière... Je ne pense pas que le versement tardif de cette somme puisse mettre en difficulté cette association que je connais bien pour l'avoir présidée quelques années... Autant les 3 000 euros attribués à la farandole ou les 3000€ attribués à Ars Viva ou encore les 15 000€ accordés à l'Office Municipal des sports leur manquaient vraiment et deux de ces associations au moins étaient à la limite du dépot de bilan.
Le Maire peut toujours se flatter de financer... Il le fait tellement tard qu'il prend le risque, faute de visibilité suffisante, de tuer toute initiative, toute action et de déstabiliser les associations les plus fragiles... Il faut que la municipalité contractualise avec les associations. Il faut, dans le contexte actuel, qu'elle soit capable de prendre des risques et de les limiter en soutenant les centres de ressources qui peuvent assurer la formation, l'accompagnement d'associations fragiles parce que récentes ou travaillant au service d'une population en grande difficulté.
Mais j'avoue n'avoir toujours pas compris la politique de la ville s'agissant du tissu associatif et le fait que les élus de la majorité se soient réparti les représentations dans les assemblées générales sans être en même temps partie prenante de la commission vie associative que préside toujours madame Pollet ne contribue pas à plus de clarté en la matière.
Un tout autre sujet: la convention ANRU et la réalisation d'aménagements autour de la place Kennedy.
Jacques Caron est monté au créneau, dénonçant les coûts excessifs, demandant que les sommes soient réattribuées à d'autres projets comme par exemple le raccordement d'Ecoval au réseau de chaleur.
S'agissant du raccordement au réseau de chaleur, l'évolution du prix de l'énergie est telle.... Et ça risque de se dégrader encore... qu'il faut actualiser les études et faire quelques projections. L'investissement risque en effet d'être rapidement rentable et, quand je vois manifester les locataires étranglés par le montant de leur facture de chauffage, je me dis que plus vite ce sera fait, mieux cela vaudra.
Pour le reste, je crois qu'il y a quelques confusions.
D'abord, les subventions accordées par les partenaires institutionnels de la ville (Europe, Anru, Région, Département etc.) ne sont pas transférables aussi facilement d'un projet urbain à un raccordement de réseau de chaleur.
Ensuite, je crois que ce qui crée le malaise autour de la restructuration du quartier de la Madeleine, ce n'est pas l'opération urbaine en soi. Celle là, elle est validée par un comité de pilotage auquel participent la Région, le Département, les bailleurs sociaux (Eure Habitat en l'occurrence). La programmation des actions et la maquette financière ont été adoptées ( souvent à l'unanimité) par chacune des instances présentes.
La restructuration de la place Kennedy est bien programmée pour 2006, celle de la maison de quartier pour 2007.
Ce qui pose problème, c'est l'environnement dans lequel se situe l'ORU.
Environnement urbain.... Il manque encore à l'échelle de l'agglomération au moins 200 logements à programmer ( c'est officiellement 200 mais ce devrait être 300) pour équilibrer les destructions de logements sociaux à la Madeleine.... Le 1 logement construit pour 1 logement détruit est pourtant la règle dans les opérations de rénovation urbaine... A Evreux même, on ne voit plus fleurir que des projets d'habitat résidentiel et la ville, en ne se donnant pas les moyens de maitriser le foncier, laisse faire voire favorise ce mouvement.
Environnement humain: Les associations sont fragilisées, l'adhésion de la population est insuffisante
Le GIP, piloté par la ville et non par l'agglo, n'est pas toujours en cohérence avec l'ORU et des enjeux qui dépassent les frontières du quartier de la Madeleine et de la ville d'Evreux. Il a joué jusqu'à présent plus un rôle de frein qu'un rôle d'accélérateur des initiatives associatives et ce n'est pas la démission de Geneviève Magnan ni son récent coup de gueule qui viendront battre en brèche cette affirmation.
Il est certain que, dans ce contexte, la fragilité du tissu associatif effiloche les relais d'opinion et ce sont alors les réflexes communautaires qui risquent de prendre le pas.
C'est tout cela qui finit par rendre suspecte et par faire rejeter une rénovation urbaine qui pourtant est nécessaire et pourrait, dans un autre contexte, constituer une évolution très positive pour la vie quotidienne de nos concitoyens.
Tout cela, je l'ai dit vendredi, à quelques mots près... Il faut d'urgence un virage politique à Evreux qui fasse que des projets qui pourraient être positifs ne deviennent pas, faute de cohérence avec les autres axes de la politique municipale, contreperformants....
Quoique... Je me demande si, au bout du compte, la politique de la droite à Evreux n'est pas précisément très cohérente?
Son objectif: changer la structure de la population d'Evreux... Renvoyer ailleurs les familles en difficulté, celles qui peuvent poser problème et coûter à la ville en matière d'action sociale...

Je reviendrai sur le conseil municipal dans un prochain article mais je tiens à dire un mot particulier du compte administratif.

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