Voilà que je reviens de la mairie de Gravigny.
Il s'y déroulait une cérémonie de parrainage républicain pour des gosses sans papiers, scolarisés dans les écoles de l'agglomération, mais que la "mansuétude" sarkozienne étriquée et de circonstance n'a pas régularisés...Et qui risquent donc de devoir brutalement quitter le territoire national.
L'immigration clandestine pose question c'est vrai.... Mais un gosse, c'est un gosse... Il a le droit de grandir en sécurité.
Et puis, si elle pose question - à raison d'ailleurs - il ne faut jamais perdre de vue que ce n'est sans doute pas de gaîté de coeur que ces femmes et ces hommes acceptent un déracinement qui se fait de surcroît, s'agissant des clandestins, dans des conditions terribles...
Et ce n'est pas ce fameux concept de l'immigration choisie cher à Sarkozy qui arrangera les choses... Bien au contraire ! En dépouillant de leurs élites les pays émergeants, on ne peut que ralentir encore leur développement et renforcer du coup, chez les plus pauvres, le rêve du départ vers l'Europe.
Ce matin, c'était un autre monde.
J'ai arpenté les allées de la halle des expositions pour l'inauguration du salon de l'aviculture... Nous étions peu nombreux d'ailleurs. J'imagine que les élus participaient tous à l'assemblée générale de l'Union des Maires... Pour ma part je n'ai pas pu me libérer ce matin et j'étais donc à 11 heures et quelques minutes à regarder des poules et autres volailles, des lapins étranges aux oreilles de cocker en compagnie de quelques conseillers municipaux, de deux journalistes et de monsieur Moulard, le Président de la société d'aviculture de l'Eure.
C'est un passionné. Il a son franc parler et lorsqu'il évoque des juges poule, des juges lapin et des juges canard, je ne peux m'empêcher de rêver à un tribunal étrange que n'aurait pas renié Lewis Carroll...
Au fur et à mesure des mes rencontres, on m'aura souvent reparlé de la conférence de presse de Rive Gauche... Je calme les choses, ramenant cette aimable institution à ce qu'elle est : un club de réflexion qui ne produit d'ailleurs pas grand chose mais qui ne demande qu'à le faire. Et, ma foi ! Nous ne sommes pas trop à réfléchir.
Mes interlocuteurs sont souvent beaucoup plus durs et le souvenir de l'aventure de la liste A gauche, cha,geons clairement les choses, que l'actuel président et fondateur de Rive Gauche avait lancée contre son camp en 1995 et qu'il avait maintenue au second tour revient souvent.
Pour ma part, je ne crois pas que l'histoire puisse bégayer, même quand elle n'est que locale... Et là, c'est presque une dérive Clochemerlisante de la vie politique locale .
Un camarade ou deux, par exemple, proches de Rive Gauche, me reprochent d'avoir signé six lignes dans le premier numéro du journal de section qui était distribué aujourd'hui....
Moi, ce qui me réjouis plutôt, c'est que la section socialiste ait enfin réussi, sous la houlette calme mais ferme d'Emeric Jeanne et avec un groupe de rédacteurs assidus, à publier ce premier numéro dont on parlait depuis des années. Finalement, nous en arrivons à être renforcés et c'est ainsi que nous allons jouer notre rôle de rassembleurs de la gauche pour rendre leur ville aux Ebroiciens... Parce qu'aujourd'hui, notre ville est bien malade.
J'ai rencontré ce matin sur le marché Jean Pierre Brière qui me faisait état des difficultés du Mega Pobec qui rejoignent nombre de difficultés d'autres lieux de culture ou de créateurs.
Vendredi soir, c'étaient les inquiétudes de Jeune cité où j'ai d'ailleurs assez peu apprécié , il faut le dire, l'attitude d'un des administrateurs qui m'a gentiment poussé hors la salle où le journal succédant au Citron vert était présenté à la presse
"Ils vont faire une photo alors tu ne peux pas rester... Il ne faut pas mélanger tu comprends", m'a-t-il dit ... Etonnant de me faire venir pour parler de l'engagement du Conseil Général sur la prévention spécialisée, de me demander de relayer le voeu de voir s'étoffer les moyens mis à leur disposition pour animer le projet de territoire du quartier de Nétreville et de me cacher dans un bureau...
J'y vois un effet Rive Gauche parce que tous les présents m'ont accueilli avec plaisir, en tant, bien sûr, que Vice Président du Conseil Général qu'ils avaient invité mais aussi, je le crois, en tant qu'ami.. Qu'il en soit un, bien seul, qui m'ait vu comme candidat possible aux municipales, faiseur d'ombre potentiel à son candidat à lui ne mérite guère qu'on s'y arrête!
Gamineries que tout celà... Ils sont d'autant plus gamins qu'ils sont peu nombreux !
Pour ma part, je prends en charge le dossier de Jeune Cité. Je prends en compte leurs inquiétudes et je tiendrai les engagements que j'ai pris vis à vis d'eux. C'est cela qui importe parce que là, il est question du devenir d'un quartier, du devenir de notre ville et du devenir de ses habitants.
A suivre
PS: J'ai appris l'assassinat d'Anna Politkovskaïa, journaliste russe criblée de balles dans le hall de son immeuble parce qu'elle dérangeait.
Quel que soit le pays du monde où un journaliste est assassiné, c'est un peu de notre regard, c'est un peu d'humanité que l'on tue
Commentaires