Il y a un bout de temps que je n'ai pas écrit.
Les mois de décembre sont ainsi faits: surbookés. Ma semaine a été intense et ce n'est rien au regard de celle qui vient et qui commence par deux jours de déplacement professionnel à Poitiers pour s'achever sur deux jours de séance budgétaire au Conseil Général.
De la semaine écoulée, je ne sais trop ce que je dois mettre en exergue.
La réunion de quartier de la Madeleine, le point que nous avons fait sur le RMI en commission locale d'Insertion, la réunion des Présidents de Conseil Généraux de gauche à laquelle je me suis rendu ou notre réunion de section de vendredi soir... Autant de points qui émergent d'un quotidien où alternent et se mélangent parfois activités professionnelles et activités liées aux mandats que m'ont confiés les habitants de mon canton et les Ebroiciens... J'ajouterai, à un tout autre propos, le plaisir que j'ai à parcourir rapidement ... Trop rapidement ...les nouveautés que je trouve sur le blog d'Amaury Watremez.
Réunion à la Madeleine mardi soir... Plus de 70 participants... Des militants issus des partis de gauche bien entendu, les conseillers municipaux d'opposition mais de vrais habitants aussi.
La Madeleine souffre de son image et la question des discriminations y est omniprésente. Derrière le mur médiatique qui ne nous montre que des jeunes en révolte, de jeunes délinquants et le chant des bétonneurs de l'ORU, il y a des milliers de gens qui vivent, qui souvent galèrent pour vivre, qui vont, comme l'évoquait Geneviève Magnan ,tête baissée .
Ils crient ne plus rien attendre des politiques... Mais, au fond, je crois bien qu'ils attendent encore, qu'ils sont prêts à se battre pour vivre mieux et qu'ils ne faut pas les décevoir...
Je discutais, tout à l'heure, sur le marché de la Madeleine, avec une dame qui me faisait fermement part de son dégoût des politiques quels qu'ils soient...Et c'était le désespoir de devoir vivre avec moins de 750 euros par mois, de ne pas pouvoir donner à ses gosses tout ce qu'elle aurait voulu, de voir qu'ils sont beaucoup dans le quartier à vivre une vie pareille et d'avoir le sentiment de n'être pas entendue des élus
Il était important qu'un élu soit là. Il était important que je l'écoute mais que je lui réponde aussi. Elle existait parce que ma présence ouvrait la possibilité d'un dialogue et qu'au travers de ce dialogue, même dur, nous existions l'un pour l'autre. Nous nous sommes serré longuement la main quand je suis parti et je lui ai dit que je faisais un pari: le pari qu'on se battrait ensemble pour les municipales...
Elle a souri.
Je crois que, pour cette femme, comme pour nombre d'habitants d'Evreux, le battage que fait Debré sur l'ORU n'a aucun sens. Cette opération de rénovation du quartier de la Madeleine, n'a pas de sens pour eux si elle ne se fait pas avec eux; c'est à dire si elle ne prend pas en compte leur vie quotidienne et c'est le principal reproche que je ferai à cette municipalité qui lance des projets, qui fait des choix, mais qui oublie à chaque fois qu'une ville, c'est d'abord les femmes et les hommes qui y habitent.
L'hôtel de l'agglomération est le symbole de cette conception absurde de la rénovation urbaine.
En soi, l'idée de rassembler les services de l'agglo à la Madeleine est plutôt une bonne idée et j'ai déjà dû dire que j'y adhère. Mais de là à construire cette enclave protégée, comme une ambassade américaine en Iran, derrière des grilles infranchissables ....
L'hôtel de l'agglomération à la Madeleine, c'ést l'occasion d'offrir des locaux au quartier, de mettre par exemple à disposition des associations des salles de réunion ... C'est l'ouverture possible d'un parking supplémentaire le dimanche matin ! Rachid Mammeri me faisait remarquer tout à l'heure que nous étions beaucoup à avoir tourné pour trouver une place alors qu'il y en avait 250 libres derrière ces fameuses grilles
L'hôtel de l'agglomération à la Madeleine, c'est la possibilité de créer des moments d'animation qui rappellent aux habitants qu'il s'agit d'un lieu public, d'un lieu ouvert au public, d'un lieu qui appartient à tous et non pas le lieu d'une administration distante... D'une administration qui met en oeuvre les décisions d'élus au second degré, des membres du conseil communautaire qui sont désignés par leurs pairs et non pas directement au suffrage universel...
L'image qui se construit aujourd'hui de l'agglo, c'est celle d'une entité technocratique qui sert d'écran à la responsabilité de l'élu municipal.... Si l'on n'y prend garde, la réponse que j'entends parfois donner à des demandes d'habitants d'Evreux : "Oui mais çà, c'est plus nous, c'est l'agglo" résonnera bientôt comme résonne cette réponse nationale : "Oui mais çà c'est plus nous, c'est l'Europe"...
Ce sont des réponses qui déconsidèrent la politique et qui déconsidèrent le politique.
Pour en revenir à l'hôtel de l'agglomération, à cette enclave au coeur de la Madeleine, il n'est acceptable dans ce quartier que si on l'ouvre vraiment...
Il faut, bien sûr, le protéger des risques de dégradations mais ce n'est pas avec des grilles à piquants... C'est en créant quelques emplois de gardiens qui soient intégrés au quartier (comme cela a été fait pour le chantier d'ailleurs), mais surtout en faisant que, parce qu'il leur appartiendra vraiment, les habitants de la Madeleine puissent en être fiers.
En tout cas, en ce qui me concerne, c'est quelque chose que je m'engage à réaliser...
A suivre...

Les jumelles sont toujours aussi adorables. Ma fille aînée, en plein déménagement, nous les a laissées ce week-end et, même si mon samedi aura été quelque peu occupé à l'extérieur, le plaisir de de les voir courir en tous sens et d'entendre leurs éclats de rire me donne le sentiment de vraies vacances.
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