Je ne vais pas dire que je suis content ce
soir !
La France s'est exprimée et a choisi à 53 % le patron de l'UMP pour Président de la République.
Dont acte.
Je gage que la première conséquence sera que Johnny Hallyday reprendra confiance et renoncera à l'exil helvétique qu'il s'était imposé non pas parce qu'il était en résistance comme Voltaire lorsqu'il s'installe à Ferney-Voltaire mais juste parce qu'il déplorait de devoir contribuer trop à la solidarité nationale... D'une certaine façon, s'il revient résider en France, ce sera parce qu'il pourra travailler moins et gagner plus.
Plaisanterie mise à part, c'est, au travers de monsieur Sarkozy, un, choix de société qu'auront fait les Français.
Après cinq années où l'UMP aura eu tous les pouvoirs, nous prenons le risque de nous engager sur cinq années de plus avec une forte probabilité de radicalisation des politiques de droite. C'est un mini Bush que nous venons d'élire et, à la traîne comme souvent, nous venons de l'élire au moment où les Américains commencent à prendre conscience du désastre où celà les a menés.
Il va falloir qu'à présent la gauche se montre plus compacte, plus cohérente et qu'elle puisse convaincre de la nécessité de ne pas laisser tous les pouvoirs à un homme qui, n'hésitant pas à mélanger les genres en acceptant de rester durant des mois ministre de l'intérieur et patron d'un parti politique, n'hésitant pas à s'inscrire dans l'idéologie de l'extrême droite, a surtout montré une inextinguible soif de pouvoir.
Il va falloir à présent que les Français équilibrent les pouvoirs et qu'ils ne s'engagent pas sur une fuite en avant ultra libérale... C'est là tout l'enjeu des législatives....
Le feront-ils ? Je ne sais pas... Je sais juste que ce n'est pas impossible
La problématique d'une législative n'est pas la même que celle d'une présidentielle. Les circoncriptions sont à taille plus humaines et le député est quelqu'un de plus proche qu'un président qui ne s'adresse au peuple que par médias interposés... Et quand les médias s'asseyent sur les règles les plus élémentaires de la déontologie; c'est à dire d'une certaine morale professionnelle, si l'on est pas proche des gens, la campagne électorale n'est pas simple !
Sans chercher loin, que faut-il par exemple penser de La Dépèche qui publie à 3 jours du second tour une pleine page de l'interview de Sarkozy, sans une ligne consacrée à Ségolène Royal et qui, pour faire bonne mesure, publie la photo totalement inutile de son directeur au coté du même Sarkozy... De l'art de transformer un hebdomadaire local en tract électoral ! J'ai dit ce soir à son rédacteur en chef ce que je pensais du procédé que dénoncent d'ailleurs une majorité des journalistes de l'hebdomadaire.
La majorité de l'Assemblée Nationale, c'est la somme de près de 600 élections particulières... Nous avons à y travailler... La proximité peut changer les choses. Il suffit de regarder les différences de scores à l'élection présidentielle selon les communes et les quartiers.
Dans le département de l'Eure, ce sont 57 % des électeurs qui choisissent Sarkozy.
A Evreux, ils ne sont plus qu'un tout petit peu plus que 50%. Il n'y a que 135 voix d'écart sur 22 000 entre Ségolène Royal et Sarkozy. C'est d'ailleurs, à mon sens, dans une ville tenue par une municipalité UMP, une sacrée claque pour le maire et patron départemental de l'UMP.
Dans les quartiers les plus populaires de la ville, Ségolène Royal est devant et parfois largement, comme au bureau de vote de l'école Michelet que je présidais où Sarkozy n'est choisi que par 28% des habitants et Ségolène Royal par 72%. Ce n'est pas un hasard, à mon sens, si ces quartiers où le taux de chômage est catastrophique, où les discriminations sont quotidiennes n'ont pas voulu reconduire une majorité qui n'a fait depuis cinq ans qu'aggraver leurs conditions de vie.
Sans doute faut-il ajouter à cela le sentiment qu'ont les habitants de ne pas être entendus, même pas considérés par la municipalité.... Mais c'est une autre affaire et ils auront l'occasion de le dire à nouveau lors des législatives et, dans moins d'un an, au moment des élections cantonales et municipales....
A suivre...

Chaque cinéphile se souvient de ce
film superbe et angoissant tourné par Polanski en 1968 où Mia Farrow accouche d'un enfant conçu par le diable... Le bébé de Rosemary...

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