Soirée patchwork.
Retour de Rouen vers 19h30. Je passe chez moi avant de filer à la réunion de quartier qu'organise Alfred Recours rue des Quinconces.
Une embrouille au coin de la rue... Une demi douzaine de gars vociférant et en provoquant un autre à la fenêtre de son appartement.
Il fait lourd... Le ton monte... Ils sont face à face.
Aux balcons, au dessus, on regarde.
La police arrive, appelée par des riverains.
C'est une scène plutôt rare à Navarre...Et le quartier n'a pas laissé faire.
Freddy est arrivé.
On parle de l'école, de la démographie médicale...
Sur l'école j'ai des craintes.
Quand je suis arrivé dans le département il y a près de vingt ans, on en était à près de deux tiers des enseignants du premier degré qui n'avaient bénéficié ni d'une formation initiale
conséquente, ni de formation continue... Le déficit de postes était tel que l'Inspecteur d'Académie était contraint d'annuler des stages de formation faute d'une brigade de remplaçants.
La situation commençait à bien s'améliorer... Mais que va donner cette politique annoncée d'un départ en retraite sur deux non remplacé dans la fonction publique ?
Pour l'école dans l'Eure, cela risque fort de faire des dégats difficilement réversibles... Et pour nos gosses...
Déjà que nous sommes l'un des départements derniers de la classe en matière de réussite scolaire...
Et pourtant l'effort des collectivité en matière de locaux et de moyens matériels est conséquent, à quelques exceptions près... La municipalité aura par exemple sacrément traîné à Evreux pour
donner aux écoles le haut débit... Ce n'était même pas une question de finances... Juste l'incapacité de comprendre les enjeux.
Ils nous ont d'ailleurs fait la même bêtise au Long Buisson.
Ce n'est pas le tract de Nicolas que j'ai trouvé ce soir dans ma boite aux lettres qui me rassure... J'avoue d'ailleurs ne pas bien comprendre comment il peut y affirmer que la carte scolaire
sera supprimée et dire dans le même temps et le même tract que l'on diminuera de moitié le nombre des élèves dans les ZEP et que l'on répartira les autres élèves dans les établissements
proches... Qui en décidera ? Sur quels critères ? Dans quels locaux ?
On supprimerait la carte scolaire et on contraindrait pourtant des familles à scolariser leurs enfants dans d'autres établissements que là où ils sont... Et on contraindrait les autres
établissements à les accepter ?
Va-t-on obliger par exemple Jean Jaurès à scolariser la moitié des élèves de Néruda ? Mais alors on ne supprime pas la carte scolaire...on en crée juste une autre mais on contraint de toutes
façons les parents !
Finalement, je ne suis pas sûr que Nicolas comprenne bien tout ce que ses mercenaires écrivent dans ses tracts !
J'ai quitté la réunion de Freddy pour monter regarder la seconde partie du spectacle de danse que l'Amicale de Navarre donnait à la maison de quartier de la Madeleine.
Toute autre ambiance...
Une pièce de piano qui rythme la désarticulation saccadée de danseuses qui dialoguent du geste et ne font plus qu'un groupe qui oscille, tentacule et se compacte comme un kaleidoscope
vivant.
J'aime beaucoup le travail d'Isabelle et de Mathilde.... Elles transmettent leur passion et l'un de leurs groupes va bientôt d'ailleurs produire leur création à Montluçon en concours
national.
Mais j'en reviens à Nicolas... Ce n'est pas une idée fixe... C'est juste que son tract est bidon.
Il parle de valeurs... Il parle de la confiance comme l'une de ses valeurs et là, je le cite:
"La confiance: Il faut cesser de compliquer la vie de
tous et simplifier les structures qui sont de vraies machines à produire de la complexité. Il nous faut une société moins rigide."
Voilà que je m'étonne... Voilà que je suis d'accord avec lui ....
Tellement d'accord que j'engage toutes les associations d'Evreux dont il a saucissonné les crédits,à qui, par le peu de confiance qu'il leur accorde, il enlève toute visibilité et dont il
gâche ainsi l'action, j'engage toutes ces associations qu'il contraint à créer une administration tâtillonne et rigide plutôt que s'adonner à l'action, je les engage à lui répondre
désormais par ces phrases toutes simples :
"La confiance: Il faut cesser de compliquer la vie de tous et simplifier les structures qui sont de vraies machines à produire de la complexité. Il nous faut une société
moins rigide."
Allez chiche monsieur Nicolas ! Vous le mettez enfin en pratique avec les associations d'Evreux ?


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