Photo Nicolas Kern
Voilà que s'annonce l'hypothèse d'une candidature de Monsieur Galouzeau de Villepin dans la première circonscription en lieu et place d'un Président de l'Assemblée Nationale transmuté en président du Conseil Constitutionnel par la grâce du Président de la République...
Bonheur ineffable, songent-ils, pour les Ebroïciens qui se sentiraient moins abandonnés par un Maire qui aimait tant Evreux mais... Le devoir... Vous comprenez... Le devoir!
Et puis tout de même, on resterait entre chiraquiens... Et entre parachutés du même monde...
Un Debré ou un Villepin, ça vous a du panache, de la plus value... Ca vous met Evreux sur le devant de la scène... Enfin, le temps d'une campagne électorale, d'un article du Point ou d'une émeute... L'impact sur l'emploi et la création d'entreprises, c'est en revanche bien moins net et, même s'ils travaillent le décor, leur scénario reste pauvre et l'illusion laisse de plus en plus voir ses ficelles.
Ce n'est pas comme cela que je conçois la politique... Ce n'est pas ainsi que je conçois la grandeur de notre système républicain. Ce ne sont pas ces calculs de carrière qui conduisent à chercher la circonscription facilement acquise ou la ville qu'on vous préparerait et où vous n'avez jamais vécu mais dont la conquête préservera votre destin national.
Ce sont les condottieri qui prenaient les villes... Ces mercenaires de la renaissance italienne, nobles en mal de gloire qui louaient leurs services et se faisaient récompenser parfois de terres ou de titres.
C'est une autre époque, un autre temps et pourtant...
Je suis toujours réticent quand on me parle du parachutage d'un "poids lourd national" en mal d'ancrage local, quel que soit le parti politique auquel il participe... Je sais que cela se fait et se fera encore...
Ce qui fait pourtant la grandeur de notre République, ce sont quelques hommes d'exception et notre pays en aura compté quelques uns mais ce sont aussi collectivement ces dizaines de milliers d'élus locaux qui vivent parmi leurs concitoyens, qui partagent leur quotidien, qui, après leur boulot, donnent leur temps, un temps fou pour créer ou maintenir les conditions du Vivre Ensemble. Ils ancrent leur engagement dans la réalité de la vie et non dans des problématiques de carrière.
Je sais que Monsieur Galouzeau de Villepin cherchera sans doute à préserver le destin dont il rêve en revêtant, à Evreux ou ailleurs, un costume de député et un vêtement plus local encore si affinités. C'est bien entendu vital pour lui puisque lorsque la gauche sera revenue aux affaires et que Sarkozy sera battu, l'ancien premier ministre UMP qu'il aura été ne risque guère d'être associé aux affaires de la France.
Et si d'aventure Sarkozy était élu... Ce serait pour lui pire encore.... Il ne pourrait même pas lui faire porter la responsabilité de l'arrivée de la gauche au pouvoir.
Mon ami Alfred Recours avait eu l'intuition de tout cela il ya plus de trois semaines... Il m'en avait touché un mot. Apparemment il n'est pas le seul à y avoir pensé... La Dépèche de cette semaine consacre sa couverture à cette hypothèse.
Pour moi, que Villepin vienne ou ne vienne pas ne change rien. Je demeure candidat pour conduire une liste qui réunisse ceux qui veulent une ville citoyenne; c'est à dire une ville où l'on donne la parole aux Ebroiciens, une ville solidaire, une ville dont chacun puisse être fier...
Si Debré s'en va vraiment après avoir clamé si fort son amour d'Evreux, je gage que les Ebroïciens ne se tromperont pas en 2008 et n'écouteront qu'avec beaucoup de circonspection le message du prochain parachuté.
A suivre...


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