Non me cuiquam mancipavi, nullius nomen fero... Un instant
non pas pédant mais juste nostalgique...Une citation de Sénèque en latin que l'on traduit par : Je ne me suis fait l'esclave de personne; je ne porte le nom de personne... Sénèque
n'était donc pas Sarkozien ! Encore moins élu centriste devenu Sarkozien
Sénèque et Néron... J'ai connu un homme qui avait nommé ses deux chiens César et Borgia... Cela m'avait fait sourire... D'autant qu'il s'agissait de bêtes plutôt impressionnantes.
Si ses deux chiens avaient tenu l'un de Snoopy et l'autre d'un pitbull, peut être les aurait-il nommés Sénèque et Néron...
Sénèque en visite chez Néron... C'est ainsi que Michel Onfray qualifie sa visite chez Sarkozy... Le texte de son article circule sur internet et mérite d'être lu... Même s'il ne se rallie pas à Ségolène Royal et peut être justement parce qu'il ne s'y rallie pas et qu'il ne peut donc être taxé de Ségolènolâtrie.
Nostalgie du latin qui me ramène à mes années lycée...
J'avais 17 ans en 1968 et j'apprenais en classe de première le latin et le grec. C'est en septembre 1969 que je suis entré à l'université. Le souvenir que j'ai de cette période ne ressemble guère à la caricature qu'en brosse le candidat de l'UMP, nostalgique d'un ordre moral où le patronat était dans le meilleur des cas paternaliste et n'avait pas tout à fait rompu avec le 19ème siècle et où l'Etat imposait à grands coups de censure la vision du monde des derniers barons de l'industrie... Ceux qui n'ont pas hésité à liquider ensuite l'industrie du textile, mettant au chômage des milliers d'ouvriers et d'ouvrières, éclatant des familles, stérilisant des bourgades entières... Ceux qui n'ont pas hésité à liquider la sidérurgie, stérilisant des régions entières...
Ah qu'il était beau cet ordre moral... Que c'était beau la politique du temps du SAC (Service d'Action Civique) et de ses gros bras, de ses magouilles...Que c'était beau la croisade du SAC engendrant l'UNI (Union Nationale Interuniversitaire) pour contrer les vilains gauchistes...
Et c'est à cet ordre moral là que vous voulez nous ramener ? Au temps de la messe en latin ? Au temps de la peine de mort ? Au temps où les gosses d'ouvriers n'avaient à quelques exceptions près d'autre choix qu'être arpètes dans des usines qui allaient fermer pour cause de profits sans doute hautement moraux de quelques uns ? Au temps du cinéma d'avant Truffaut, Godard, Malle et toute la nouvelle vague ? Au temps d'avant la contraception sans honte? Au temps d''avant le droit à l'avortement ? Au temps d'avant les accords de Grenelle?
C'est cet ordre moral là que vous voulez nous imposer, taliban d'un nouveau genre !
Oui ... Mai 68 a réalisé une rupture qui couvait depuis longtemps... Oui! Mai 68 a été le moment d'excès qui n'étaient pas tous créatifs mais qui témoignaient d'un formidable appétit d'exister...
Monsieur Sarkozy... Je ne vous comprends pas. Dans votre discours à Rouen, vous réjetez les repentances... Vous les refusez pour les périodes les plus noires de notre histoire mais vous voudriez que l'on se repente de Mai 68 !
Pour ma part je ne veux idéaliser ni les évènements de mai, ni ce qui a éclos dans le terreau de cette révolution mais je n'en veux rien rejeter non plus... C'est une inflexion qui a été donnée à une vie sociale, à des rapports sociaux qui s'étaient sclérosés jusqu'à ne plus être que des rituels qui ne s'ancraient plus sur rien, sur aucune vie... Cette inflexion date de quarante ans...
Nous pouvons construire ... Nous devons construire sans cesse notre avenir mais ce sera sur ce terreau là. Si nous ne pouvons nous passer d'un système de valeurs qui soit partagé, ce système est une construction permanente qui ne peut demeurer statique.
Il ne s'agit pas de tourner une page en arrière et de plaquer sur le présent un ordre moral qui, il y a près d'un demi siècle, était déjà momifié.
A-t-on jamais vu un animal réendosser sa mue ?
A suivre....

Cette Une du Populaire, c'est à la demande d'une fidèle commentatrice que je la place en exergue de mon
propos.

Commentaires