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Les deux Nicolas

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Le salaire de Nicolas Sarkozy augmente de 140%.

News de janvier... Sa cote baisse

 

Ruy Blas, survenant.

Bon appétit, messieurs ! – 

                            Tous se retournent. Silence de surprise et d'inquiétude.
Ruy Blas se couvre, croise les bras, et poursuit en les regardant en face.
                           
 Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
 De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !

....

Victor Hugo

 

  


 

  

 

L'action d'un élu est visible au travers de la presse lors de manifestations, d'inaugurations qui ne sont finalement que l'aboutissement d'un travail qui, lui, est quotidien.

Le bloc-notes en ligne est un moyen de donner une image de ce quotidien et, peut être aussi, des questions, des doutes qui peuvent être ceux d'un élu local, proche du vécu de celles et ceux qui l'ont élu.

C'est ce qui me conduit à mettre en ligne ce quasi-journal.

J'espère que vous aurez plaisir à le lire et à réagir en le commentant ou plus simplement en m'écrivant à:

g.silighini@wanadoo.fr

Bien cordialement

200px-Pseudo-Seneca-BM-GR1962.8-24.1.jpg Non me cuiquam mancipavi, nullius nomen fero...  Un instant non pas pédant mais juste nostalgique...Une citation de Sénèque en latin  que l'on traduit par : Je ne me suis fait l'esclave de personne; je ne porte le nom de personne... Sénèque n'était donc pas Sarkozien ! Encore moins élu centriste devenu Sarkozien

Sénèque et Néron... J'ai connu un homme qui avait nommé ses deux chiens César et Borgia... Cela m'avait fait sourire... D'autant qu'il s'agissait de bêtes plutôt impressionnantes.

Si ses deux chiens avaient tenu l'un de Snoopy et l'autre d'un pitbull, peut être les aurait-il nommés Sénèque et Néron...

Sénèque en visite chez Néron... C'est ainsi que Michel Onfray qualifie sa visite chez Sarkozy... Le texte de son article circule sur internet et mérite d'être lu... Même s'il ne se rallie pas à Ségolène Royal et peut être justement parce qu'il ne s'y rallie pas et qu'il ne peut donc être taxé de Ségolènolâtrie.

Nostalgie du latin qui me ramène à mes années lycée...

J'avais 17 ans en 1968 et j'apprenais en classe de première le latin et le grec. C'est en septembre 1969 que je suis entré à l'université. Le souvenir que j'ai de cette période ne ressemble guère à la caricature qu'en brosse le candidat de l'UMP, nostalgique d'un ordre moral où le patronat était dans le meilleur des cas paternaliste et n'avait pas tout à fait rompu avec le 19ème siècle et où l'Etat imposait à grands coups de censure la vision du monde des derniers barons de l'industrie... Ceux qui n'ont pas hésité à liquider ensuite l'industrie du textile, mettant au chômage des milliers d'ouvriers et d'ouvrières, éclatant des familles, stérilisant des bourgades entières... Ceux qui n'ont pas hésité à liquider la sidérurgie, stérilisant des régions entières...

Ah qu'il était beau cet ordre moral... Que c'était beau la politique du temps du SAC (Service d'Action Civique) et de ses gros bras, de ses magouilles...Que c'était beau la croisade du SAC engendrant l'UNI (Union Nationale Interuniversitaire) pour contrer les vilains gauchistes...

Et c'est à cet ordre moral là que vous voulez nous ramener ? Au temps de la messe en latin ? Au temps de la peine de mort ? Au temps où les gosses d'ouvriers n'avaient à quelques exceptions près d'autre choix qu'être arpètes dans des usines qui allaient fermer pour cause de profits sans doute hautement moraux de quelques uns ? Au temps du cinéma d'avant Truffaut, Godard, Malle et toute la nouvelle vague ? Au temps d'avant la contraception sans honte? Au temps d''avant le droit à l'avortement ? Au temps d'avant les accords de Grenelle?

C'est cet ordre moral là que vous voulez nous imposer, taliban d'un nouveau genre !

Oui ... Mai 68 a réalisé une rupture qui couvait depuis longtemps... Oui!  Mai 68 a été le moment d'excès qui n'étaient pas tous créatifs mais qui témoignaient d'un formidable appétit d'exister...

Monsieur Sarkozy... Je ne vous comprends pas. Dans votre discours à Rouen, vous réjetez les repentances...  Vous les refusez  pour les périodes les plus noires de notre histoire mais vous voudriez que l'on se repente de Mai 68 !

Pour ma part je ne veux  idéaliser ni les évènements de mai, ni ce qui a éclos dans le terreau de cette révolution mais je n'en veux rien rejeter non plus... C'est une inflexion qui a été donnée à une vie sociale, à des rapports sociaux qui s'étaient sclérosés jusqu'à ne plus être que des rituels qui ne s'ancraient plus sur rien, sur aucune vie... Cette inflexion date de quarante ans...

Nous pouvons construire ... Nous devons construire sans cesse notre avenir mais ce sera sur ce terreau là. Si nous ne pouvons nous passer d'un système de valeurs qui soit partagé, ce système est une construction permanente qui ne peut demeurer statique.

Il ne s'agit pas de tourner une page en arrière et de plaquer sur le présent un ordre moral  qui, il y a près d'un demi siècle, était déjà momifié.

 A-t-on jamais vu un animal réendosser sa mue ?

A suivre....

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front-populaire.jpg Cette Une du Populaire, c'est à la demande d'une fidèle commentatrice que je la place en exergue de mon propos.

Nous ne vivons plus à la même époque bien évidemment et les frontières du monde de chacun de nous ont fortement reculé... Je ne suis pas pour autant certain que la fracture sociale ne se soit pas fortement élargie... Je parle de la vraie fracture, de celle qui fait que des millions de nos concitoyens vivent ou plutôt survivent dans une précarité inacceptable et non pas de la fantaisie électorale sur laquelle a surfé le RPR ,devenu depuis UMP, le temps d'une précédente campagne présidentielle qui a conduit à la casse organisée de tous les dispositifs de solidarité qu'avait conçus, au sortir de la guerre, le Conseil National de la Résistance.

Si l'on n'y prend pas garde, si nous n'avons pas ce sursaut salutaire qui écartera de la charge de Président de la République le candidat de l'UMP, celui qui n'a pas hésité à cumuler les fonctions de ministre de l'intérieur avec celles de patron de sa formation politique, celui qui pratique le "dérapage" verbal à peine contrôlé et qui pratiquerait aussi le jeu des pressions sur les médias, ce ne sont plus seulement les dispositifs de solidarité qui passeront à la casse, ce sont aussi, je le crains, les principes même de notre République...

La Ligue des droits de l'homme ne s'y est pas trompée qui appelle à voter Ségolène Royal... Il est extrêmement rare en effet que la LDH prenne parti de cette façon dans un scrutin... Il faut vraiment qu'elle soit convaincue du danger qu'il y aurait à conforter encore un appareil politique qui noyaute aujourd'hui toutes nos institutions et qui les stérilise.

Je suis allé coller avec mon copain Eric samedi soir... Nos affiches n'ont pas bougé ou très peu sauf sur la buse du Bel Ebat où elles ont été lacérées... Les militants sarkoziens se lâchent dans le centre ville... Sans doute commencent-ils à craindre la défaite de leur idole... Les attitudes et les arguments qu'il m'arrive d'entendre de leur part me rappellent 1981... La gauche porteuse de désordre... La gauche porteuse de catastrophe économique... A l'époque, c'était aussi la crainte des chars russes à Paris...  N'importe quoi! Et ce que j'entends aujourd'hui des Sarkoziens relève du même irrationnel... Avec en plus un soupçon d'antiféminisme.

Tous propos que j'entendais samedi matin sur le marché...

A propos du marché, une anecdote....J'y distribuais des tracts, au coin de l'immeuble de la chambre de commerce, avec Bruno, un militant PS et je vois arriver de loin Nicolas... Pas le Sarko, l'autre, le local... Il longe l'étal du traiteur et passe le plus loin possible de moi, le regard rivé au sol comme pour être bien sûr de ne pas me voir et de ne pas avoir à me saluer... Ce qui devait arriver arrive... Il bouscule une dame, garde son regard rivé sur le bitume, accélère et la dame de se retourner les poings sur les hanches:

" Qui c'est celui là enfin, claironne-t-elle ! Il aurait pu au moins s'excuser !"

Heureusement pour Nicolas, le sol était  régulier.... Pas de marche... Sinon, à vouloir m'éviter il se serait bien retrouvé cul par dessus tête...

J'ai croisé Gisèle Philippon à mon retour du marché. Elle venait de rencontrer la presse à qui elle avait annoncé qu'elle renonçait à se présenter aux législatives. Nous en avons parlé quelques minutes... Ce qui est déterminant dans son choix relève d'impératifs qui lui sont personnels et que je comprends...

En aucun cas il ne s'agit d'une manoeuvre ou d'une fuite... Pour avoir travaillé avec Gisèle durant quelques années, je crois la connaître un peu. Sa rigueur et sa loyauté m'interdisent d'imaginer qu'elle puisse être capable d'un jeu politicien...

Pas comme un Albertini ou qu'un Hervé Morin qui vient de le rejoindre...

Décidément les élus de l'UDF qui ont, il faut le reconnaître, été initialement élus dans le cadre d'accords au moins tacites avec l'UMP, s'opposent radicalement à ceux qui, votant au premier tour pour François Bayrou, imaginaient soutenir une autre façon de faire de la politique... En privilégiant leur réélection et en faisant une allégeance bien tardive à Sarkozy, ils se montrent aujourd'hui  incapables de faire de la politique autrement qu'en jouant des combinaisons électorales stériles... La combinazione

Avec ses milliers de débats participatifs, avec le pacte présidentiel qui en est issu, avec ses propositions pour une démocratie rénovée, avec sa façon de débattre et de s'adresser aux Françaises et aux Français en leur montrant qu'elle les écoute mais qu'elle saura en même temps tenir avec eux le cap qu'ils auront fixé le 6 mai en la choisissant Elle... C'est bien elle, Ségolène Royal, qui fait aujourd'hui de la politique autrement.

A suivre...

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Gérard Silighini

 

 

 

 

 Conseiller Général de l'Eure dans le canton d'Evreux-Ouest,  Gérard Silighini est le premier vice-président du conseil général et le rapporteur général du budget.
Conseiller municipal  d'Evreux , il a animé de 2001à 2008le groupe de l'opposition face à une municipalité à forte dominante UMP. En mars 2008, la municipalité revient à gauche et Gérard Silighini en est Maire-adjoint chargé des finances de la ville.
 Ses fonctions au conseil général le conduisent à assurer, entre autres responsabilités, la présidence du conseil d'administration de Centre Hospitalier Spécialisé de Navarre.
Il est, professionnellement, Inspecteur d'Académie-Inspecteur Pédagogique Régional et il dirige, en tant que tel, l'Institut de Rouen du Centre National d'Enseignement à Distance.

 

 

 

 

   

 
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