Commémoration de l'abolition
de l'esclavage samedi.Ce sont les fondateurs du Collectif 1848 qui ont organisé la journée, avec le soutien du Conseil Général.
Discours pour l'inauguration d'une exposition aux archives départementales.
Gisèle Baki nous accueille au nom du collectif puis c'est Jean Louis Destans qui rappelle avec talent quelques points de l'histoire des abolitions.
Bruno Lemaire ne manque pas ensuite de faire savoir qu'il était aux côtés de M de Villepin au moment de la loi qualifiant l'esclavage de crime contre l'humanité et c'est enfin le Préfet de l'Eure qui, dans un propos remarquable, allie coeur et raison.
Je ne vais pas faire un cours d'histoire sur l'esclavage et je renvoie à qui veut en savoir plus sur cette synthèse très bien faite que publie le site de l'Assemblée Nationale.
Pour ma part, je veux juste souligner que la traite des "Nègres", ce commerce infâme qui fait de femmes et d'hommes des marchandises est bien un crime contre l'humanité en tous les sens du terme.
Crime contre l'humanité parce qu'il tue et torture.
Crime contre l'humanité parce qu'il retire à des femmes et des hommes leur dignité d'êtres humains pour n'en plus faire que des choses, que des outils que l'on vend, que l'on achète, dont on use et que l'on jette.
Crime contre l'humanité partagé bien au delà de l'Europe.
Ce commerce triangulaire qui vient voler des millions de vies en Afrique pour en faire la main d'oeuvre servile des plantations au delà des océans c'est aussi une première étape de la globalisation, une première forme de mondialisation.
Nous avons aboli l'esclavage en 1848.
Nous ne sommes pas les premiers, loin de là... Et même si Danton a tonné contre l'esclavage, la France de Napoléon a rétabli en la matière le droit d'avant 1789.
Victor Schoelcher et quelques autres auront fini par obtenir enfin l'abolition, dont d'ailleurs Dupont de l'Eure qui cosigne le décret d'abolition..
Mais si l'on y regarde de près, l'esclavage relève-t-il vraiment du passé?
Les rapports Nord Sud ne constituent-ils pas aujourd'hui une forme d'esclavage plus insidieuse, indirecte, invisible tant les responsabilités sont diluées .
Qu'est ce que les émeutes de la faim sinon le cri de peuples écrasés par cette forme nouvelle d'un esclavage qui tue tout autant, qui annihile tout autant la dignité des plus pauvres?
Nous n'avons pas vraiment éradiqué l'esclavage...
Tout au plus l'avons nous rendu plus discret.
On ne voit plus, c'est vrai, dans nos villes et dans nos ports s'étaler la fortune arrogante des armateurs spécialisés dans le transport et la vente du Bois d'Ebène...
La misère et la mort de populations écrasées par la logique d'une économie mondiale, rouleau compresseur anonyme qui ne veut que du profit immédiat, ce n'est qu'au détour au détour d'un tsunami, d'une guerre ou d'un fait divers qu'on les voit à la télé...
C'est tellement plus confortable !


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