Paris Normandie titre son édition du jour sur la victoire des
"Aspocomp" . Je suis heureux de cette fin... Heureux de cette reconnaissance de l'inacceptable dans lequel ont été jetés les salariés de l'entreprise baladés par les actionnaires de la firme
finlandaise.
Ce sont plein d' images qui me reviennent.
Images de rassemblements, de manifs.
Souvenir du soutien du Département que je leur ai apporté.
Souvenir de cette manifestation où, en marchant vers la gare, je devisais avec l'un d'eux.
Nous parlions de choses et d'autres et nous avons fini par découvrir que nous étions du même jour et de la même année...
Souvenir de l'attitude inqualifiable de Debré qui, refusant de recevoir les manifestants dans la mairie, les a fait disperser à la grenade lacrymogène par les forces de l'ordre...
De mémoire d'Ebroïcien, on n'avait jamais vu des travailleurs confrontés au drame de la fermeture de leur entreprise se faire jeter par leur maire.... Jusqu' à l'arrivée du couple
Debré-Nicolas, ils avaient toujours eu le Maire de la ville à leur coté !
Souvenir aussi du cafouillage lamentable lors du meeting de Jospin à Rouen... Ou plutôt Quevilly...
Les Aspocomp attendaient calmement devant la salle que le meeting se termine.
On leur avait dit que Jospin les recevrait...
Il est sorti par une autre porte, sans les voir, sans les saluer, sans leur exprimer son soutien...
Je me souviens de la rage froide de Fabius, de celle d'élus qui, comme François Loncle ou moi-même, étaient là et tentaient d'expliquer l'inexplicable à des gens meurtris de tant de
mépris...
Je suis heureux que les Aspocomp aient gagné....
J'aurais préféré qu'ils gagnent lorsqu'ils sont montés à Paris jusqu'au ministère.
J'étais dans leur bus.
Je les avais accompagnés ainsi que d'autres élus...
J'aurais préféré qu'ils gagnent en ne perdant pas leur boulot, en ne commençant pas une galère, en ne vivant pas et en ne faisant pas vivre à leurs enfants cette angoisse des lendemains
incertains.
Ils gagnent aujourd'hui l'assurance d'être indemnisés... Mais ça remplace pas... Ca remplace pas.
Je rentre tout juste
de diner avec Michel Champredon.
Nous ne sommes pas en train de passer des accords occultes... Nous dialoguons.
Nous dialoguons avec sérénité et c'est, je crois, le chemin qui conduira au rassemblement que souhaite la gauche... Que souhaitent nombre d'Ebroïciens.
Il en est besoin et ce n'est pas le conseil municipal que nous venons de vivre qui m'inspirera le contraire.
Le plus gros de l'ordre du jour: Le compte administratif 2006.
Il faudra que je prenne, demain, le temps de scanner et de publier le rapport de présentation...
C'est un modèle du genre...
Je sais que le propre d'un compte administratif est de rendre compte de la gestion et de l'éxécution du budget mais tout de même, il ne faut pas perdre de vue la politique; c'est à dire les
grandes orientations de la ville, son projet, ses fondamentaux.
La gestion est au service d'une politique... Nicolas réduit la politique à la gestion...!
C'est ce que j'ai tenté de mettre en évidence durant mon intervention .
C'est ce qui a été mis en évidence tout au long du conseil....
La conclusion du rapport de présentation du Compte administratif que nous a remis Nicolas est un modèle de langue de bois.
Je ne résiste pas à l'envie d'en publier l'intégralité:
"L'exécution du budget 2006 a été conforme à la stratégie financière de la ville d'Evreux qui pourrait être résumée ainsi : Responsabilisation des élus et des services pour une gestion réaliste
des deniers publics dans le cadre de la satisfaction de l'intérêt général."
Pas gentil pour les élus ou les services que l'on responsabilise... Comme si, jusqu'alors, ils n'avaient pas été responsables...
Encore que pour certains élus qui, comme Houdinière, s'apprêtaient à valider un projet vide, un projet inexistant, un chèque en blanc et qui étaient prêts à en découdre pour qu'on ne les empêche
pas de voter pour ce qui n'était pas encore l'ombre du début d'un projet fantôme, je m'interroge !
C'est surtout la notion d'intérêt général qui me préoccupe dans la conclusion du rapport.
C'est quoi pour Monsieur Nicolas l'intérêt général ?
C'est quoi sa politique ?
C'est quoi ses politiques ?
Il nous parle par exemple d'une politique d'attractivité de la ville que la municipalité mettrait en oeuvre depuis 2001 et qui conduirait à une variation de 2,4% par an des bases de la taxe
foncière....
Bon allez ! On lui dit que pour l'ensemble du département cette augmentation est de 3,6% ?
Mais Nicolas n'en est pas à un cocorico près !
Sa politique d'attractivité de la ville, il la décline comment ?
Quelle politique culturelle met-il en oeuvre ?
Quelle politique éducative ?
Quels leviers pour améliorer le "vivre ensemble" ?
Mais le maire ne défend que ses indicateurs de gestion...
C'est le dernier compte administratif avant l'élection alors, surtout, asséner l'idée du désendettement de la ville...
Le désendettement d'Evreux est indéniable, même s'il est plus mécanique que résultat d'une politique... Mais le désendettement des Ebroïciens, c'est autre chose parce qu'il faut bien ajouter à la
dette par habitant les 35 millions d'euros d'emprunt de l'agglo dont Nicolas est responsable...
Je n'en conteste d'ailleurs pas nécessairement la légitimité... Simplement on ne peut pas les passer à la trappe puisque l'agglo n'a fait que reprendre à la ville une part de son champ de
compétence...
Les réintégrer dans le calcul met en évidence une augmentation, à Evreux, de l'endettement par habitant... Et cela, Nicolas ne veut surtout pas que cela se sache !
Mais j'en reviens au désendettement exceptionnel de 2006....
Ce ne sont que les retards dans les projets annoncés en début d'année et cela confirme ce que je répondais à Debré lorsqu'il brandissait ses presque 20 millions d'investissement....
"Attendons le compte administratif"
Et ce sont les retards, les chantiers en panne durant l'année 2006 qu'attestent les consommations de crédits.
2,3 millions votés en janvier pour l'école Maxime Marchand et 300 000 euros consommés.
1,2 millions pour le théatre et 240 000 consommés.
470 000 pour Romain Rolland et 15 000 consommés.
756 000 pour les atelmiers municipaux et 100 000 consommés.
Je ne parle pas de la crèche de Nétreville ou de celle de la Madeleine.
Partout ce sont des retards, explicables ou pas....
Nicolas présente cela comme une bonne gestion qui permet de réduire l'endettement.... Mais quelles qu'en soient les raisons, annoncer, comme l'a fait Debré en janvier 2006, près de 20 millions
d'investissements pour n'en réaliser qu'un peu plus de 13, ce n'est pas de la bonne gestion, ce ne sont que des engagements non tenus... Ce n'est pas vraiment une bonne politique que le déguiser
en volonté de désendettement...
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