Ce tableau qui me vient du Brésil, je l'aime beaucoup... Peut être pour ses couleurs... Peut être pour le mouvement de la foule, pour le mouvement du peuple.
J'étais avant-hier à Bourgtheroulde pour y représenter, devant les militants socialistes la candidature de Laurent Fabius. Je ne sais plus à quel propos, la camarade qui défendait Ségolène Royal a parlé de "population" en ajoutant : "Je n'aime pas beaucoup le mot Peuple "
C'était sans doute justifié par sa démonstration... Ce n'était peut être que parce que le concept n'était pas opératoire dans le débat... Je ne sais pas. Je ne sais plus.
Ce que je sais, c'est que ce mot de Peuple, je l'aime. Je le revendique.
Le peuple, j'en viens et il m'a construit
Le mien de peuple, c'est dans un village à un jet de pierre du coeur de la sidérurgie Lorraine, qu'il vivait. Ce sont des dizaines de milliers de sidérurgistes venus là de Pologne, d'Italie, du Portugal, d'Espagne de Tunisie, du Maroc, d'Algérie.... Ce sont toutes les consonances différentes des noms de mes copains de la communale.
Le mien de peuple, c'est toute la solidarité ouvrière... Une solidarité de coeur mais une solidarité construite aussi... Une solidarité concrète.
Ce n'est pas une vague entité qui colporte un vague malaise auquel le politique ne pourrait répondre que par un vague "remue-méninge" national.
La réponse est d'abord en terme de justice, en terme d'équité.
La réponse c'est leur donner les moyens d' un peu d'horizon, d'une situation moins fragile. La réponse c'est d'abord de donner des clés de répartition qui donnent plus au travail et moins aux produits financiers.... Il est des écarts de revenu qui sont des scandales... Il est des situations de logement qui sont des scandales. Il est des familles où la solidarité de proximité ne joue plus parce que notre développement économique impose la mobilité professionnelle, géographique pour le profit commun nous dit-on mais sans contrepartie pour les plus fragiles.
La droite aujourd'hui casse les systèmes organisés de solidarité nationale... Ces systèmes qui symbolisent ce monde nouveau pour lesquels s'est battu le Conseil National de la Résistance.
Battre la droite, c'est réaffirmer la nécessaire organisation de la solidarité. C'est forcer la négociation en remontant significativement les salaires les plus bas. C'est accélérer la politique du logement. C'est affirmer l'urgence de la prise en compte des conséquences sur la planète de nos modes de vie et de production. C'est reprendre le dialogue pour aboutir à une constitution européenne plus politique avec toute la noblesse de ce mot; c'est à dire où le peuple ait sa place et son mot à dire... Qui ne soit pas qu'un marché de plus en plus grand .
Bien sûr, tout cela est inscrit dans le projet socialiste. Mais le projet socialiste, comme tout projet, donne la direction.... Un peu comme dans une de ces grandes courses de voiliers. C'est chaque concurrent qui trace ensuite la route qu'il juge la meilleure et il y en a qui arriveront plus ou moins rapidement et d'autres d'ailleurs qui n' arriveront pas et abandonneront la course.
La route que trace Laurent Fabius est claire. Ses engagements sont précis et répondent concrètement à ce besoin de consolider, de reconstruire, voire de construire ces système de solidarité, ces bases de simple justice.
J'espère que, ce soir, les militants socialistes ne se tromperont pas.


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