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Les deux Nicolas

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Le salaire de Nicolas Sarkozy augmente de 140%.

News de janvier... Sa cote baisse

 

Ruy Blas, survenant.

Bon appétit, messieurs ! – 

                            Tous se retournent. Silence de surprise et d'inquiétude.
Ruy Blas se couvre, croise les bras, et poursuit en les regardant en face.
                           
 Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
 De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !

....

Victor Hugo

 

  


 

  

 

L'action d'un élu est visible au travers de la presse lors de manifestations, d'inaugurations qui ne sont finalement que l'aboutissement d'un travail qui, lui, est quotidien.

Le bloc-notes en ligne est un moyen de donner une image de ce quotidien et, peut être aussi, des questions, des doutes qui peuvent être ceux d'un élu local, proche du vécu de celles et ceux qui l'ont élu.

C'est ce qui me conduit à mettre en ligne ce quasi-journal.

J'espère que vous aurez plaisir à le lire et à réagir en le commentant ou plus simplement en m'écrivant à:

g.silighini@wanadoo.fr

Bien cordialement

 Les hasards du calendrier m'ont conduit à me préoccuper deux soirs de suite du quartier de Nétreville.

Nétreville, c'est un quartier attachant, un quartier que mon copain Eric qui y est né m'a appris à aimer même s'il m'arrive de m'y tromper de chemin.

C'est beaucoup d'humanité mais une sacrée misère par endroits  aussi...

C'est un sérieux taux de chômage ...plus de 20%....

Ce sont des immeubles qui pour certains n'ont pas été rénovés depuis longtemps et les habitants s'en plaignent avec le sentiment qu'à Evreux, tout va à l'ORU de la Madeleine et au centre ville.

Et, ce soir, ce que disait la dizaine d'habitants venus à la réunion de quartier qu'organisaient les partis de gauche avec leurs élus de l'opposition municipale, c'est que Nétreville se sent  être un quartier abandonné.

C'est vrai que le quartier n'est pas très riche en termes d'équipements marquants de la ville... Je dirai même qu'il n'y en a pas .

C'est vrai aussi que les communications avec Evreux ne sont pas simples.

C'est vrai qu'il n'y a pas eu à Nétreville de grands travaux, de grands projets lancés par la municipalité. Seul, le conseil général a totalement restructuré le collège en 2002-2003....

Et tout cela fait que la municipalité Debré , dont le souci principal est d'assurer sa réélection mais certainement pas de mettre en place quelque dialogue que ce soit avec les Ebroïciens, ne trouve pas souvent l'occasion de monter à Nétreville... Les habitants disent ne pas voir les élus... Il est vrai que le quartier n'a rien d'un lieu touristique en vogue pour ministres en goguette sur les terres du Président de l'Assemblée Nationale....

Je crois,  pour ma part, que le quartier de Nétreville et la façon qu'a la municipalité  de le mal traiter ou de le traiter mal illustre bien la politique municipale actuelle qui repose sur une myopie dont on se demande si elle n'est pas volontaire...

J'ai eu l'occasion de dire que la taxe d'habitation à Evreux produisait des recettes par habitant plutôt basses malgré des taux d'imposition élevés. Cela témoigne de la pauvreté, de la précarité d'une partie de la population... Cela conforte l'analyse que l'on peut mener des conséquences des fermetures d'usines et d'ateliers ces dernières années...

Cette pauvreté croissante, le Département la voit bien, lui qui gère - Et moi qui gère d'ailleurs sur le territoire de la CLI d'Evreux - le RMI, cette voiture balai de l'aide sociale...

Au delà des équipements traditionnels qui sont nécessaires dans un quartier (écoles, gymnases etc.), au delà de la mise en place des conditions de la relance de l'emploi local (soutien de zones d'activités, création d'immobilier d'entreprise en blanc... Ce que lance d'ailleurs le Conseil Général au travers d'Eure Aménagement Développement...), c'est une politique de solidarité forte qu'il nous faut mettre en place à Evreux...

Ce n'est pas la ville qui peut tout faire mais c'est à elle qu'il appartient de fédérer son territoire.

Aider les demandeurs d'emploi par exemple, c'est aussi mettre en place des dispositifs d'accueil de la petite enfance qui soient adaptés ... Cela suppose que l'on se penche vraiment sur la question.

Assurer une meilleure prévention de la santé et une meilleure couverture médicale (Y-a-t-il par exemple un dentiste à Nétreville?), c'est aussi commencer par interroger les rares professionnels de santé présents sur le quartier pour savoir comment les aider et, s'il le faut, mettre à disposition des murs où assurer des permanences santé fortement structurées... Cela peut être prendre en charge un secrétariat... C'est inventer des solutions, susciter l'initiative et l'accompagner...

De tout cela, Jeune Cité , qui a grandi avec le quartier, s'en préoccupe mais lui en donne t-on vraiment les moyens, quoiqu'en dise la ville?

De tout celà on n'entend rien en revanche dans les conseils municipaux... On n'y entend que les cocoricos de Nicolas qui viennent en écho des thèmes sur lesquels Debré communique et qui ne répondent en rien aux besoins de quartiers comme celui de Nétreville...

Et l'on s'étonne après que ses habitants renoncent à leur devoir de citoyens... Mais ils se sentent tellement peu considérés comme citoyens qu'ils finiront par ne plus  avoir envie d'aller voter

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 Photo: Don Quichotte de métal réalisé il y a près de vingt ans par un élève de la SEGPA Cervantès à Vernon

 

Je sors d'un défilé de mode organisé par l'association Trisomie 21 Eure.

Pronuptia, place du grand carrefour s'était chargé du côté professionnel et c'est quelque chose de remarquable qui se déroulait là... L'acceptation de la différence... La différence comme moteur de l'ensemble ....

J'avoue que j'avais un peu peur de ce que pourrait donner une telle manifestation, peur que ce défilé de mode ne provoque des apitoiements ou des applaudissement convenus... Ce n'était pas le cas.

Ce n'étaient pas, assis autour de la piste, des enfants trisomiques et d' autres personnes ; C'était un public soudé.

Ce n'étaient pas davantage, sur la piste, des mannequins trisomiques et d'autres; C'étaient des mannequins qui défilaient ensembles.

Il m'est revenu cette anecdote.

Il y a une douzaine d'années, j'animais le travail d'un groupe d'enseignants et de cadres éducatifs venus de différents pays européens (Pour ceux qui connaissent, il s'agissait d'un programme Arion) et je l' avais emmené visiter une SEGPA (Section d'Enseignement Général et Professionnel Adaptée) du département.

Le principal du collège présentait l'organisation de l'établissement et soulignait l'investissement d'enseignants du collège qui acceptaient d'aller faire cours en Segpa... C'était le cas en particulier du professeur d'anglais ; je crois me souvenir qu'un professeur de lettres y assurait quelques heures également.

Une enseignante espagnole est alors intervenue, demandant au principal s'il était certain de ne pas faire fausse route.

"Vous intégrez quelques uns de vos enseignants à la section spécialisée, lui dit-elle, et ils ont le sentiment de faire une bonne oeuvre... Mais ce ne sont pas les enseignants qu'il faut intégrer, ce sont les élèves de la Segpa qu'il faut intégrer au collège... Ce n'est pas la même chose".

Cette jeune Espagnole avait, en deux phrases totalement renversé, la conception de la prise en charge du handicap qui était la nôtre... Et ce renversement de perspective commence aujourd'hui à s'imposer

Nous avançons aujourd'hui dans ce que je crois la bonne direction même s'il y a encore du chemin à faire... Beaucoup de chemin

Vendredi soir, c'était la clôture de l'assemblée générale de la Fédération Française du Bâtiment... Après une table ronde intéressante sur le développement durable, je suis intervenu brièvement puisqu'il m'appartenait de représenter le Département.

J'ai rappelé que le partenariat entre les élus et le secteur du bâtiment relevait du mariage de raison.

On peut promouvoir toutes les politiques de logement que l'on voudra, de développement d'équipements structurants comme des collèges, des écoles, des crèches, des gymnases etc., s'il n'y a personne pour les réaliser, elles seront assez peu concrètes.

A l'inverse, ce sont les collectivités qui assurent en grande partie, par leurs projets, la stabilité et la croissance du secteur du bâtiment.... A l'échelle du département par exemple, l'effet démultiplicateur des 150 millions d'€ annuels d'investissement est considérable. Le million quatre que nous mettons par exemple dans la restructuration de l'école Maxime Marchand dans le quartier de la Madeleine ou le million d'€ que nous engageons dans la restructuration de la maison de retraite Azémia contribuent à accélérer leur réalisation.

C'est également au travers des organismes de logements sociaux comme Eure Habitat et la Secomile qu'intervient le Département. Ils inscrivent leur action dans le cadre des politiques que nous définissons.

J'ai rappelé, après que le président Treuil ait prôné une réduction des charges, que les grands projets lancés par les collectivités étaient financés avec de l'argent public et que les entreprises ne pouvaient donc se plaindre trop d'un impôt qui leur revenait au bout du compte en alimentant leurs carnets de commande... Bien sûr, tout est une question de mesure et d'équilibre.

Cela dit, si le bârtiment se porte plutôt bien, s'il tire l'économie et crée de l'emploi, il souffre d'une faiblesse; c'est celle d'un recrutement difficile.

Une étude de l'INSEE soulignait en 2005 que 26% des entreprises du bâtiment n'avaient pu accroître leur activité faute de pouvoir recruter les qualifications nécessaires.

J'ai terminé mon propos en revenant sur le développement durable, reprenant à mon compte l'un des propos de M Carpentier qui représentait les architectes.

Le développement durable dans le bâtiment ne concerne pas que les architectes,  les entreprises et leurs clients . Les élus aussi sont interpellés mais dans un cadre global et pas seulement lorsqu'ils intègrent les impératifs de la Haute Qualité Environnementale dans les cahiers des charges des appels d'offre.

C'est aussi à propos de leurs conceptions de l'urbanisme qu'ils sont interpellés... Le développement durable en matière de bâtiment, c'est poser aussi la question de l'aménagement du territoire, c'est intégrer le coût environnemental du transport lorsqu'on crée un lotissement quelque part, celui des réseaux etc.

Le développement durable, c'est une révolution économique mais c'est aussi une révolution sociale.

Elle ne fait qu'à peine commencer.

A suivre...

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Gérard Silighini

 

 

 

 

 Conseiller Général de l'Eure dans le canton d'Evreux-Ouest,  Gérard Silighini est le premier vice-président du conseil général et le rapporteur général du budget.
Conseiller municipal  d'Evreux , il a animé de 2001à 2008le groupe de l'opposition face à une municipalité à forte dominante UMP. En mars 2008, la municipalité revient à gauche et Gérard Silighini en est Maire-adjoint chargé des finances de la ville.
 Ses fonctions au conseil général le conduisent à assurer, entre autres responsabilités, la présidence du conseil d'administration de Centre Hospitalier Spécialisé de Navarre.
Il est, professionnellement, Inspecteur d'Académie-Inspecteur Pédagogique Régional et il dirige, en tant que tel, l'Institut de Rouen du Centre National d'Enseignement à Distance.

 

 

 

 

   

 
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