Je me souviens avoir été écrasé par l’horreur froide du Camp d’Auschwitz que j’ai découvert lors d’un voyage en Pologne à l’âge de 15 ans.

Je me souviens avoir eu honte alors d’appartenir à l’humanité.

Je me souviens m’être demandé quel homme j’aurais été si la vie m’avait fait naître 30 ans plus tôt et que j’aie eu vingt ans en 1941.

Je me souviens de scènes fortes tirées du roman de Léon Uris et des mots plus forts encore de celui d’André Schwarz-Bart que m’avait fait découvrir ma mère et qu’il faudra que je prenne un jour le temps de relire.

C’est aujourd’hui la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux «  Justes » de France ; et nous étions, en ce matin de juillet, bien peu présents à la mairie…

Quelqu’un m’a demandé s’il n’y avait finalement pas trop de Commémorations.

Je me garderai bien de répondre à cette question. Mais cette commémoration là, cet hommage là, j’y tiens…

Parce qu’ils rappellent que dans Notre monde un déchainement barbare est venu nier l’idée même d’humanité.

Parce qu’ils rappellent que dans Notre France, l’Etat français de Vichy piétinait les droits de l’homme et le souffle même de la Révolution Française.

Parce qu’ils rappellent qu’alors nombre d’intellectuels ont perdu le sens de leur devoir critique et que, loin d’indiquer le chemin de l’Histoire, ils ont œuvré à tisser la toile de la plus systématique et la plus infecte des propagandes.

Dans ce monde, dans cette France là, il est des femmes et des hommes qui ont su dire non, qui ont su garder ancrés au cœur, malgré la peur, au péril de leur vie, les chemins de l’humanité.

Ce sont eux qui nous permettent, qui me permettent malgré tout de croire en l’homme et en la pertinence de la République.

Il faut s’en souvenir.

 

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