La rentrée scolaire s’affiche de plus en plus.
Réunions de prérentrée comme celle à laquelle j’ai assisté cet après midi et qui rassemblait tous les chefs d’établissement et inspecteurs de l’académie…
Rayons des grandes surfaces où se bousculent les retardataires du cartable.
Articles de journaux et conseils divers aux parents.
Ce matin, c’est au Collège Pablo Neruda que s’intéresse la presse, un collège en plein cœur de la Madeleine que ne fréquenteront plus à cette rentrée qu’un peu plus de 350 élèves.
La fameuse baisse démographique n’explique pas tout.
Le jeu des dérogations au secteur scolaire prive cette année le collège Pablo Neruda de 25 élèves de sixième… Une division !
Et ce n’est pas la première année. Je me souviens qu’il y a dix ans déjà, le flux des demandes de dérogation pour ne pas aller à Pablo était tout aussi fort même si la démographie de l’époque masquait un peu l’hémorragie.
Je ne porte aucun jugement sur les raisons qui conduisent des familles à élaborer des stratégies d’évitement de leur collège de secteur… Elles ont été de surcroît totalement décomplexées par le discours démago tenu par des candidats aux présidentielles sur la suppression des secteurs scolaires, discours inapplicable sauf à engager plus d’injustice encore.
Je ne voudrais pas en revanche que la désaffection pour un collège dit sensible se traduise au bout du compte par sa fermeture. Il y a un seuil démographique critique au delà duquel un collège risque en effet de ne plus être viable.
J’entends bien l’argument d’une nécessaire mixité sociale dans les collèges mais la question de la mixité sociale relève d’abord de l’aménagement urbain. Les caractéristiques d’un collège n’en sont qu’une conséquence.
Je ne suis pas sûr qu’il soit de bonne politique de répartir les élèves des quartiers, déjà stigmatisés, dans d’autres établissements au risque de les stigmatiser plus encore en les « saupoudrant » , ni d’ôter a ces quartiers le dernier service public que représente l’école.
Et après tout, si un collège sensible ne scolarise plus que la population du quartier où il est implanté, développons des stratégies pédagogiques adaptées à un public somme toute devenu homogène a certains égards et faisons en un outil de réussite.
C’est ce qu’engage l’équipe de Neruda.
Donnons-lui plus de liberté, plus de leviers encore.
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