40% seulement des électeurs du département de l’Eure se sont déplacés pour désigner leurs représentants au parlement Européen … 35% de ceux d’Evreux.
Comme partout ailleurs et comme d’habitude ce sont des élections qui ne parlent pas à la population.
L’Europe est tellement présentée comme une contrainte, comme une machine à produire des règlements et des normes inapplicables, on se cache tellement derrière des « c’est la faute à l’Europe » qu’il ne faut pas s’étonner d’un tel taux d’abstention.
Ce n’est pas tant la crise qu’il faut incriminer que cette incapacité dont nous faisons preuve à faire rêver vraiment les Français sur une élection quasi désincarnée qui ne s’appuie sur aucune authentique identité européenne… Cette incapacité à leur proposer cette dose d’utopie nécessaire qui conduit à bâtir ensuite des avenirs plus solidaires, plus heureux.
On voit bien que c’est cela qui est déterminant lorsque l’on considère par exemple le score remarquable en termes de progression d’Europe-Ecologie.
L’UMP qui noyaute largement la liste Majorité Présidentielle sort gagnante d’une élection terne où 6 électeurs sur 10 ne se dérangent pas et où, sur ceux qui se déplacent tout de même, 3 sur 10 ne voient pas de raison de changer et votent pour un ultralibéralisme qu’ils dénonceront ensuite à chaque fois qu’une dérogation sera refusée à telle ou telle corporation pour cause d’atteinte au libre fonctionnement des marchés.
Dans ce contexte, ce sont sans doute, la solidité et la cohérence interne des formations politiques, condition de leur dynamisme qui aura compté… Beaucoup plus que le caractère Européen des argumentaires.
En participant à une plate-forme commune, avec les autres Partis Socialiste Européens, le Parti Socialiste français donnait bien en effet une tonalité européenne à sa campagne. Mais cela n’a pas suffi et ce qui aura pêché, c’est sans doute l’image de divisions réelles ou supposées qu’il donne encore, de fractures plus ou moins bien réduites … C’est l’image d’une formation dont certains des leaders ont un pied au-dedans, un pied au dehors
On ne fait pas de bonne campagne quand on est divisé et, même si les fractures se réduisent lentement, nous sommes loin du dynamisme de l’unité retrouvée.
L’exemple d’Evreux où la participation est moins bonne encore que la moyenne du département est sans doute significatif en la matière. Il est temps que la gauche retrouve localement sa sérénité.
La confirmation de l’élection municipale de 2008 par le Conseil d’Etat va sans doute y aider mais elle ne suffira pas … sans une volonté commune de travailler ensemble à bâtir, avec les Ebroïciens, l’avenir de notre territoire.
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